Les leurres

Distorsion de la réalité et couleur des leurres

Au tournant des années 2000, la peintre tente de reproduire avec exactitude la couleur des leurres de pêche. Dans un espace de la toile, un coin lui sert de palette « Je donne à voir les secrets de fabrication colorimétriques de l’objet ». Ses gestes entre deux respirations, lâcher-prise et concentration tentent d’expliquer l’expérience immédiate des formes de la couleur. L’exploration d’un absolu est en cours. Dans cette quête de la précision par la distorsion, Emmanuelle Jude rigoureuse et obsessionnelle, se penche sur l’intrigante possibilité de reproduire une tache. Proche des formes visuelles des tests de Rorschach, ces taches symétriques polychromatiques, qu’elle peint par centaine, imitent celles dont la psychologie se sert pour déterminer la structure de la personnalité. Illusion de la fixité d’une tache, illusion de la nécessité d’une tâche… la peintre navigue dans l’amalgame des homonymes. L’altération des cadres qui balisent la normalité sous-tend l’ironie du regard que la peintre porte sur le monde « peindre, c’est ma tâche de la journée, la tâche pourrait être aussi le leurre ».

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